Réforme du droit du travail : Trop tôt ou trop tard !

 

Le premier ministre Manuel Valls tente, à quelque mois de la fin de son mandat, une réforme du droit du travail. L’intention affichée semble louable et les propositions peuvent paraitre séduisantes. Mais … il y a plusieurs mais.

Qui pourrait nier les constats du gouvernement qui, dénonce pêle-mêle un « chômage de masse qui mine notre pays depuis 40 ans », une « économie beaucoup trop rigide » et « des entreprises qui se battent à armes inégales et subissent des perspectives incertaines dans une compétition mondiale », ou évoque « des rigidités qui découragent, des blocages qui empêchent et brident la compétitivité » ?

Qui pourrait ne pas s’associer aux incantations qui se multiplient, « soutenir nos entreprises, petites et grandes, leur donner les moyens de remplir leurs carnets de commande, de se développer, d’être plus réactives, et donc de recruter », « donner plus de souplesse et permettre à notre économie d’affronter les difficultés, mais aussi de saisir toutes les opportunités de croissance » ?

Qui pourrait sérieusement s’opposer aux préconisations qui s’enchainent, « plus de libertés, organiser le temps de travail de manière plus efficace, lever les craintes des entreprises réticentes à embaucher, nouvelles souplesses accordées aux entreprises, confiance dans la négociation collective et dans la capacité du dialogue social » ?

Mais ne soyons pas naïf. Le tableau apparaît trop beau pour ne pas laisser place aux soupçons de doutes et d’arrières pensées politiciennes. François Hollande (Président de la République depuis le 15 mai 2012) et Manuel Valls (Premier ministre depuis le 31 mars 2014) rentrent difficilement dans les habits des perdreaux de l’année !

Le réformisme et le progressisme, révélations soudaines au sommet de l’Etat, risquent de s’échouer sur les bancs d’une Assemblée Nationale, dont la majorité n’a pas été élu sur ce programme. Le Parti Socialiste, théoriquement formation politique pivot de la majorité gouvernementale, se trouve au bord de l’implosion.

Les pessimistes grommellent déjà sur l’éternelle rengaine d’un pays irréformable …
Et si l’optimisme consistait à condamner d’avantage la forme que le fond de la réforme du droit travail ? Trois conditions s’imposent pour engager la France sur la voie des réformes :

Présenter clairement un programme lors de la campagne présidentielle

Doter l’Assemblée Nationale d’une majorité basée sur ce projet et non sur des combinaisons d’appareils politiques

Mettre en œuvre, dès les premiers mois d’installation à l’Elysée et Matignon, les réformes annoncées

Nous en sommes aujourd’hui très loin. Ne ratons pas le rendez-vous de 2017.

par Hervé Cael, président du Parti Radical 06

 

source: http://www.nice-premium.com/politique,3/reforme-du-droit-du-travail-trop-tot-ou-trop-tard,18516.html?lang=fr

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Flayol Frederic